Droit de réponse

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Je me sens bien évidemment une responsabilité inéluctable à rester proche de votre initiative, en particulier tant que Pierre Bayard aura dans l’idée de publier un livre intitulé La Vérité sur les Dix petits nègres. J'adore Professeur Pierre Bayard et j'admire le sérieux de son travail scientifique. C'est pour cela que je crains que sa réputation ne soit la prochaine victime de l’île du Nègre.

En effet, soit la promesse du titre de son prochain livre est tenue, et dans ce cas-là il s'agit forcement d'un plagiat de mon enquête, soit le propos est original, mais là il ne s'agit plus de la vérité et le titre est mensonger.  De même, l'idée  d'Intercripol de cacher l'arbre de la vérité dans une foret d'"alternative facts" ne saurait être attendue de la part de chercheurs(ses) sérieux (ses) ... vous n’êtes pas Donald Trump, que Diable! La vérité, c'est la vérité!
    
   J'insiste tout de même à corriger deux erreurs mentionnées allègrement dans la vidéo de Pierre Bayard. La première sur "l’élégance du sous-marin", la deuxième sur "l’évasion a la nage".
    
    Je passerai sur le sarcasme et l'ironie du ton utilisé dans l'argument, mais s'il s'agit de défendre l’élégance de l'utilisation d'un sous-marin, permettez-moi d'en appeler au meilleur juge possible de l’élégance en solution de romans policiers, Dame Agatha Christie, l'auteure elle-même.

La question en effet n'est pas de savoir si Pierre Bayard ou Cedric Bachellerie trouvent le sous-marin "élégant", mais plutôt s'il est plausible de croire qu'Agatha Christie l'eusse jugée élégante. Or, dans ce domaine, il suffit de s'appuyer sur d'autres solutions adoptées par Agatha Christie dans sa bibliographie précédant Les Dix petits nègres pour y trouver une réponse incontestable. En effet, est-il moins élégant de cacher un couple d'assassins dans un sous-marin ou de cacher un magnétophone dans un sac de médecin (voir Le Meurtre de Roger Ackroyd)? Est-il plus élégant de feindre les cris de la victime avec un coussin péteur (voir Le Noel de Poirot)? En fait, la Reine du crime nous a déjà fait le coup de nous berner en faisant prendre à son meurtrier un moyen de locomotion inhabituel. Dans Cinq heures vingt-cinq (dont j'ai déjà démontré les liens avec Dix petits nègres, confère Narracott), ne fait-elle pas prendre des skis alpins à son meurtrier?

Je suis ouvert à la discussion et à l'investigation collective, mais j’espère au moins ne plus entendre l'argument désastreux qu'il n'est pas possible à un sous-marin d'accoster l’Île du Nègre. Comment les dix victimes se sont-elles retrouvées sur l’île du Nègre s'il n'y est pas possible d'accoster? En quoi est-ce moins possible d'accoster à un sous-marin émergé qu'au canot de Narracott? Si Pierre Bayard s'est bien rendu a l’île de Burgh, il a du bien y voir le fameux 'sea tractor'. Ou accoste le 'sea tractor' qui ne serait pas accostable à un sous-marin?
 
    Venons-en désormais à la proposition que le massacre n'a pas pu être prémédité car sans la tempête les victimes se seraient jetées à l'eau et auraient regagné la cote à la nage.


    Hahaha! (à mon tour d'user de sarcasme), voila bien un argument de Français du 21eme siècle! Faire cette supposition c'est tout ignorer de l'Angleterre des années 1930. N'oubliez pas qu'Agatha Christie est la Reine du roman policier de psychologie. Combien de fois les petites cellules grises de Poirot se sont-elles appliquées à trier les possibilités en fonction de la psychologie des suspects? Bien plus souvent qu'elles ne l'ont fait pour découvrir de nouveaux indices. Or que nous dit la psychologie des protagonistes du roman de 1939? Et bien, il est clair que pour ces gentlemen et ladies, il aurait été tout a fait inconcevable de se dénuder et de se glisser dans l'eau en compagnie d'inconnus.

Vous pensez peut-être que l'argument ne saurait concerner des personnages comme Lombard ou Blore - qui en ont vu d'autres et ne doivent pas être étouffés par la pudeur.

Je rétorque que c'est tout aussi invraisemblable psychologiquement. En tant que gentlemen, ils ne peuvent envisager d'abandonner les dames menacées de mort, surtout Lombard et Blore qui se sont rendus sur l’île avec la mission (prétendue mais explicite) d'en assurer la sécurité. Un tel abandon créerait un nouveau remords de lâcheté insupportable. Tout au cours du récit, il est clair que pour Lombard et Blore, les événements et la réminiscence de leurs fautes passées, constituent l’opportunité d'une rédemption. Ils veulent en découdre avec le meurtrier et endossent bien volontiers l'habit du détective-héros. En plus je pense qu'il est évident qu'ils sont tous les deux amoureux de Vera Claythorne.  

J'aurai bientôt de nouvelles pièces irréfutables à verser au dossier - qui feront définitivement taire les sceptiques.   

Par Cédric Bachellerie

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